Ecotourisme : Ou Voyager ?

 

Quelle destination pour faire du tourisme durable

Trek dans la région de Khumbu, Népal

Année internationale du tourisme durable pour le développement, 2017 est le moment parfait pour s’interroger sur la manière dont nos choix de voyageurs peuvent servir la planète et ses populations.

Parcs nationaux en France

Sachant qu’un vol transatlantique a une empreinte carbone équivalant à une année de conduite automobile, plutôt que de partir dans un parc national américain, choisissez-en un près de chez vous. Grâce à leur politique de protection, vous pourrez facilement observer dans les 7 parcs nationaux de métropole des dizaines de mammifères (bouquetins, chamois, marmottes…) et d’oiseaux (vautours, aigles…) dans des paysages dignes des plus grands westerns.

Marmotte dans le parc national des Écrins, France

Marmotte dans le parc national des Écrins, France

Baleine et dauphins dans l’archipel des Açores, Portugal

Tandis que l’enfermement des cétacés à des fins de divertissement cristallise les critiques, ne vous privez pas d’admirer les baleines et les dauphins dans leur habitat naturel. Avec 27 espèces présentes, la mer des Açores, parfois surnommée “le carrefour mondial des cétacés”, ne risque guère de vous décevoir. Et depuis la France, votre empreinte carbone dépassera à peine celle d’un vol pour la Grèce.

La Dolphin and Whale Connection est engagée dans le tourisme durable.

Baleine dans l'archipel des Açores, Portugal

 Suède

Souvent considérée comme le pays le plus respectueux de l’environnement, la Suède vous donne les moyens de voyager avec une empreinte écologique minime. Au choix, plus de 250 hôtels et auberges de jeunesse labellisés Nordic Swan, des centaines de circuits certifiés Nature’s Best. Sillonnez Göteborg à vélo, explorez le parc national urbain de Stockholm, sans oublier de savourer des produits bio d’origine locale en chemin.

Tout sur le développement durable en Suède sur sweden.se/nature/sustainable-living.

Göteborg, Suède

Göteborg, Suède

 Népal

Voyager durable, c’est aussi dépenser son argent de façon généreuse. D’une magnitude de 7,8, le séisme qui a frappé le Népal en avril 2015 a dévasté l’industrie touristique du pays. Sachant que la plupart des itinéraires de randonnée ont rouvert et que nombre de communautés locales dépendent des groupes de marcheurs pour subsister, le moment est idéal pour partir.

Projects abroad propose de participer à la reconstruction de villages.

Annapurna Himal, Himalaya, Népal

Annapurna Himal, Himalaya, Népal

 Gansbaai, Afrique du Sud

De paisible village de pêcheurs Gansbaai, localité sud-africaine du Cap occidental, est devenue l’un des plus importants bastions du tourisme aventurier du pays. Plongée parmi les requins, observation des baleines, kayak et randonnée, tout est certifié Fair Trade Tourism !

Admirez un grand requin blanc avec Marine Dynamics, très impliqué dans la recherche marine et les projets de conservation d’espèces menacées.

Plongée parmi les requins à Gansbaai, Afrique du Sud

Plongée parmi les requins à Gansbaai, Afrique du Sud

Où dormir ?

Hôtels Cayuga Collection, Costa Rica

Parmi les leaders mondiaux en matière d’approche durable, le Costa Rica vise à devenir le premier pays à bilan carbone neutre à l’horizon 2020. Outre les sites et circuits respectueux de l’environnement et de la culture figurent une foule d’hôtels écoresponsables. Nichés dans des recoins de la nature costaricienne, les établissements de la Cayuga Collection méritent tout votre intérêt.

Guettez les hôtels bénéficiant de la certification pour un tourisme durable (CST), qui s’engagent à respecter la nature, la culture et les populations locales.

Séjours chez l’habitant

Loger dans une famille est une excellente façon de découvrir une communauté et de lui faire profiter de l’activité touristique. Le plus difficile est de faire en sorte que son séjour apporte un bénéfice à long terme. Heureusement, de nombreux prestataires spécialisés effectuent pour vous ce travail en amont.

Responsible Travel dispose d’une offre large.

Les bons comportements pour voyager responsable

 Respectez les animaux

Jadis, les balades à dos d’éléphant constituaient un passage obligé pour les touristes en Thaïlande. Aujourd’hui, on considère que ces activités nuisent à la santé des animaux. Heureusement, un nombre croissant de réserves thaïlandaises offre aux visiteurs la chance d’interagir avec ces pachydermes dans un environnement respectueux des deux parties.

Visitez l’Elephant Nature Park près de Chiang Mai, ou ElephantsWorld près de Kanchanaburi.

Elephant Nature Park, région de Chiang Mai, Thaïlande

Elephant Nature Park, région de Chiang Mai, Thaïlande

 Soutenez les restaurants durables

De la pratique “de la ferme à l’assiette” jusqu’à la réduction du gaspillage alimentaire, les initiatives se multiplient et influent sur la planète à l’échelle locale et internationale. Parmi les villes les plus militantes figurent Seattle, avec l’obligation de recycler les déchets alimentaires et des plantations de légumes sur les trottoirs, et Copenhague, qui recèle des restaurants parmi les plus écologiques au monde.

De passage à Copenhague ? Réservez au Relae ou au Rub & Stub.

10. Limitez votre empreinte plastique

Sur l’île indonésienne de Bali, quelque trois millions de bouteilles plastiques seraient utilisées chaque mois. Privilégiez les bouteilles d’eau réutilisables et les sacs de commissions en tissu, ou encore n’utilisez pas de pailles dans vos boissons.

Le site www.mescoursespourlaplanete.com vous aidera à adopter tous les bons réflexes lors de vos courses, partout dans le monde.

Source Lonely planet

 




    Lac Inle, le Paradis du Myanmar menacé de disparaître

    Lac Inle, le Paradis du Myanmar menacé de disparaître

    Lac Inle Birmanie

    Article de Jean Claude Pomonti paru sur Slate.fr

    Après de neuf cents mètres d’altitude, en pleine Asie des moussons, le lac et ses environs rappellent que la nature et l’homme se marient parfois avec bonheur. Dans le sud de l’Etat shan, les jardins et villages flottants du lac Inle, dont les alentours abritent pagodes, sites historiques, sources d’eau chaude, sont si attrayants que les touristes s’y précipitent depuis 2011 et l’ouverture du Myanmar, nouveau nom de la Birmanie depuis 1989. Toutefois, intervenant dans la foulée d’un demi-siècle de négligences sous la dictature militaire, ce fort afflux ne sera peut-être pas béni s’il ne s’accompagne de fermes mesures de protection d’un écosystème unique.

    A la surface du lac, les potagers reposent sur un assemblage délicat de boues, de jacinthes d’eau et d’autres plantes à l’aide de tiges de bambou plantées verticalement et de pieux qui les empêchent de dériver. Ce mélange peut atteindre un mètre d’épaisseur, dont le tiers émerge.

    Les potagers flottants couvrent aujourd’hui le quart de la superficie du lac. Leurs tomates, très appréciées et cueillies lorsqu’elles sont encore vertes, sont vendues sur tous les marchés du pays pendant les huit mois de production. Les jardins flottants produisent également fleurs, légumes à gousse, courges ou concombres.

    Ces matelas sont stables mais fragiles car les cultivateurs –membres du peuple intha, qui compte plusieurs milliers d’individus et ont fui des combats dans le sud birman au début du XVIIIe siècle– limitent au mieux la quantité de limon utilisé pour éviter de les faire sombrer en les alourdissant. Les cultivateurs se déplacent entre les plants de tomates ou de concombres à bord de barques sans moteur dont ils enroulent l’unique rame d’une jambe afin de lui imprimer un mouvement circulaire.

    De nos jours, toutefois, les touristes s’y promènent à bord de centaines d’embarcations à moteur appelées «long-tail boats» parce que leur hélice se situe, à la façon thaïlandaise, deux mètres derrière le moteur. Les vagues ainsi provoquées agitent trop fortement les matelas qui supportent les cultures. En prime, les fuites d’essence des moteurs contribuent à une pollution supplémentaire d’eaux dans lesquelles les habitants des villages flottants continuent de procéder à leurs ablutions.

    Inle Lake

    La profondeur moyenne de ce lac de 12.000 hectares –le deuxième de Birmanie par la superficie–  …. suite de l ‘article sur slate.fr  

     

     

      Australie : La Grande Barrière de Corail ménacée à court terme selon l’ Unesco.

      La grande barrière de corail, au large de l’Etat de Queensland dans le nord-est de l’Australie, est menacée à très court terme par la dégradation de l’environnement et pourrait être inscrite par l’Unesco sur la liste des sites du patrimoine « en danger », selon un rapport des Nations unies. Citant les conclusions d’une mission menée en mars dernier sur la barrière de corail, la plus grande structure vivante au monde, l’Unesco recommande qu’« en l’absence de progrès notables », sa commission du patrimoine envisage dès février 2013 de l’inscrire sur la liste des sites en danger. La valeur universelle de la barrière de corail « est menacée, et des mesures déterminantes sont requises pour permettre sa préservation sur le long terme », indique l’Unesco. « Malgré des réussites en termes de préservation du corail, la qualité de certaines parties de la barrière s’est continuellement dégradée », notent les auteurs du rapport.

      Au nombre des menaces qui guettent la grande barrière de corail, il faut compter le développement côtier, les ports, les navires qui s’échouent, la dégradation de la qualité de l’eau, les phénomènes climatiques extrêmes et les installations de gaz naturel liquéfié. Or, le Queensland est l’une des régions d’Australie qui connaît un des rythmes de développement les plus rapides avec une industrie charbonnière de premier plan.

      Ces dernières années, les écologistes ont mis en garde contre les dangers posés au corail par le développement des activités industrielles, notamment depuis qu’en 2010, un cargo chinois de transport de houille a percuté la grande barrière. L’Unesco préconise la fixation d’objectifs clairs en faveur de la protection de la grande barrière de corail, et juge que les feux verts nombreux donnés ces dernières années aux projets de développement côtier ont de quoi inquiéter. Elle critique notamment les projets d’installations de gaz naturel liquéfié sur l’île Curtis, une extension du port houiller de Gladstone.

      Les Verts australiens, qui exercent une influence politique non négligeable et soutiennent le gouvernement minoritaire de Julia Gillard, ont réagi à ce rapport en demandant à l’Australie de réduire sa dépendance vis-à-vis du charbon.

      Tony Burke, ministre de l’environnement, a reconnu que les changements climatiques, dont l’acidification des eaux de l’océan, et le développement des côtes menaçaient la barrière de corail, sans pour autant que le rapport comporte à ses yeux des surprises. La commission du patrimoine mondial, à l’Unesco, débattra du rapport lors de sa réunion prévue dans le courant du mois à Saint-Pétersbourg.

       

      La Grande Barrière de Corail

       L’Australie, île continent mythique dans l’imaginaire collectif. Un territoire si vaste que l’on peut être en même temps en été dans une région et en hiver dans une autre. Des étendues désertiques interminables, des forêts sèches, des côtes sauvages faisant face à l’Antarctique et aux tempêtes de l’Océan Austral au sud, à l’Océan Indien à l’ouest, à l’Océan Pacifique et à la Mer de Corail à l’Est. Le Queensland, plus de 3 fois la taille de la France pour 3 millions et demi d’habitants, s’étend dans le Nord-Est de l’Australie. Le Nord de cet état est située en zone tropicale, et la forêt humide couvre une grande partie des zones côtières où la présence d’une chaîne montagneuse bloque les masses d’air marines poussées par les alizés. Les précipitations extrêmement généreuses dans la région de Cairns en été austral donnent lieu à de spectaculaires « run-offs » des eaux de ruissellement qui se jettent en mer chargées de matières en suspension et, accessoirement hélas, en polluants divers d’origine agricole.

      Mais le Queensland est plus réputé pour une formation biologique étonnante, visible de l’espace, la Grande Barrière de Corail. Deux mille km de long, soit de Londres à Porto, et plus de 2700 récifs distincts. La Grande Barrière est en effet un ensemble discontinu de récifs coralliens d’origines diverses. Les récifs les plus éloignés (« outer reefs ») délimitent en fait le plateau continental australien. Lors du dernier âge glaciaire, il y a 17000 ans, le niveau des mers était plus bas de 120m, et ces récifs sont d’anciens récifs frangeants qui ont suivi la montée progressive des eaux et se sont retrouvés éloignés de la ligne de côte qui dans le même temps se déplaçait vers l’actuel continent. Les autres types de récifs sont les récifs frangeants près des côtes et autour des îles continentales, et les récifs plateforme (avec présence ou non d’une île formée par l’accumulation des débris les plus fins après érosion du récif) liés initialement à un accident topographique du plateau continental.

      La Grande Barrière de Corail constitue la principale ressource économique du Queensland, l’industrie touristique générant chaque année 4.2 billions de dollars. Cairns est le chef lieu des départs pour les récifs, avec le « reef fleet terminal », une sorte de hall d’aéroport où l’on fait la queue pour prendre son billet pour le reef. Dans la grande majorité des cas les bateaux sont de taille plus que respectable et emmènent entre 100 et 400 passagers pour les plus gros. On est loin de la sortie en zodiac semi-rigide de nos clubs hexagonaux. Heureusement certains opérateurs conservent une dimension humaine et proposent des sorties réellement orientées plongée plutôt qu’une baignade PMT au récif. La qualité des plongées est extrêmement variable, le très bon côtoyant dans certains cas le mauvais. Cette variabilité reflète celle entre des récifs pourtant parfois peu éloignés mais qui ont pu subir des dommages considérables par l’action conjuguée ou non de différents facteurs, naturels ou anthropiques.

      La Grande Barrière de Corail doit en effet faire face à de nombreuses menaces. Parmi celles-ci, beaucoup relèvent d’un problème à l’échelle mondiale comme le blanchissement des coraux lié au réchauffement de la planète, la pollution, la déforestation, la surpêche et les techniques de pêche destructives, le tourisme intensif, … Des problèmes spécifiques apparaissent ensuite pour chaque région, comme la pêche à l’explosif en Indonésie ou la pêche au cyanure et le Muro Ami aux Philippines. Dans le cas de la Grande Barrière, les  trois menaces majeures sont la surpêche, la pollution des eaux par l’activité humaine en zone côtière, et le blanchissement des coraux lié au réchauffement de la planète.

      La pêche intensive et l’introduction de pêcheries commerciales dans le Parc Marin a considérablement diminué l’abondance de nombreux organismes marins, y compris des animaux charismatiques comme les dugongs et les tortues. Les observations de dugongs (aussi surnommés vaches marines) il y a un siècle faisaient état de véritables « troupeaux » de milliers d’individus. L’apparition d’une industrie d’huile de dugong a conduit à la raréfaction de ces gros mammifères. Et même s’ils sont protégés depuis 1967 le repeuplement est lent, car beaucoup périssent noyés dans les filets. Le nombre de tortues le long de la côte est du Queensland a également chuté dramatiquement pour la même raison. Par exemple, l’abondance des tortues caouannes a diminué de 50-80% entre le milieu des années 1970 et 1990. Des indicateurs de surpêche sont clairement identifiables au regard par exemple de la diminution sensible des prises commerciales de certaines espèces. Ce qui conduit à terme à l’effondrement de ces pêcheries spécifiques, un problème rencontré à l’échelle mondiale. A l’heure actuelle le pillage des stocks de mérous de récifs (coral trout) est un problème inquiétant, avec une augmentation de 200% des prises commerciales dans ce secteur entre 1995 et 2002 alors que les spécialistes s’accordent à dire que cette pêcherie était complètement exploitée avec les niveaux de prises de 1996.
      La pêche au chalut est un autre problème important qui affecte le Parc Marin. Bien que des efforts soient menés dans ce domaine, le chalutage demeure une pratique destructive, surtout dans une zone classée au Patrimoine Mondial. La prise accidentelle d’autres espèces marines dans les filets de chalutage correspond à entre 2 et 15 fois la prise des crevettes initialement visées. La plupart sont rejetées mortes. Le chalutage provoque également des dégâts irréparables sur l’habitat et pour les espèces benthiques fixées (gorgones, coraux, éponges, …).
      Enfin, la pêche récréative connaît un essor important dans la région (on estime à 785000 le nombre de pêcheurs à la ligne), et il devient évident que l’impact de ce type de pêche n’est plus négligeable.

      La surpêche est une menace sérieuse car elle réduit la capacité de regénération des écosystèmes marins. La diminution de la biodiversité les rend également plus vulnérables face à d’autres pressions.

      La pollution des eaux est un autre enjeu majeur pour la protection de la Grande Barrière. Le développement d’activités agricoles et d’élevages près des côtes conduit d’une part à la modification de la végétation native de ces zones, la forêt humide laissant place aux champs de canne à sucre ou à des prés verdoyants, ce qui entraîne une érosion accrue des sols. Le relargage de sédiments en mer est de l’ordre de 14 millions de tonnes par an contre 1 à 5 millions de tonnes il y a plus d’un siècle. D’autre part, on estime l’augmentation associée en nitrates et phosphates à au moins 3 fois les valeurs de l’ère pré-européenne. Les récifs les plus exposés sont ceux situés à moins de 20km environ des côtes, soit à peu près 750 récifs. Les résultats des réseaux de suivi des récifs coralliens montrent globalement une altération durable de l’équilibre écologique de ces récifs, avec des caractéristiques de dégradation liées à l’enrichissement des eaux en nutrients et en matières en suspension. Les coraux subissent en effet un stress important lors de forts épisodes pluvieux par l’apport massif d’eau douce – les coraux supportent peu les faibles salinités – et turbide – diminution de l’intensité lumineuse . Ajoutez la pollution, et le cocktail devient explosif pour le récif. Des études récentes ont montré que les produits chimiques utilisés dans l’agriculture altèrent notablement la reproduction des coraux , et ce même en très faible quantité.


      Les épisodes de blanchissement des coraux, rendus plus fréquents par le réchauffement climatique, provoquent eux aussi un stress des coraux qui expulsent alors leurs algues unicellulaires symbiotiques, les zooxanthelles, qui sont responsables de leur coloration souvent marron et qui fournissent 90% de la nourriture aux polypes. Selon la durée du stress, les coraux sont capables de recouvrir leurs zooxanthelles ou bien périssent. Mais un effet pervers de ce blanchissement est que dans le cas où les coraux survivent à cet événement, leur capacité de reproduction sera notablement altérée. D’où une diminution de leur efficacité à recoloniser les récifs endommagés. Durant le 20ème siècle, les eaux de la Grande Barrière se sont réchauffés de 0,3-0,4°C. Et l’on s’attend à ce qu’elles continuent de se réchauffer à un rythme croissant au cours du 21ème siècle. Le premier épisode de blanchissement massif a eu lieu en 1998, et c’est en 2002 qu’a eu lieu l’épisode le plus grave jamais observé pour la Grande Barrière avec 60-95% des récifs surveillés atteints par le phénomène. Environ 5% des récifs ont été sérieusement endommagés avec entre 50 et 90% de mortalité des coraux.


      La capacité des récifs coralliens à résister à la surpêche, la pollution et le réchauffement est limitée. D’autant qu’il faut également compter avec une source d’inquiétude supplémentaire qui concerne les explosions démographiques d’Acanthaster Planci, une étoile de mer épineuse qui se nourrit des polypes des coraux. Si les récifs peuvent supporter un certain nombre de ces animaux, leur présence massive conduit inexorablement à la destruction des récifs où l’on observe ces agrégations. L’origine de ces explosions démographiques est encore mal connue, certaines hypothèses impliquant un enrichissement en nutriments des eaux dus aux activités humaines favorable à la survie des larves d’Acanthaster. Le problème est suffisamment important pour avoir généré une action gouvernementale visant à financer un bateau et des plongeurs pour éradiquer ces prédateurs au moyen de multiples injections d’un acide faible (tout autour de la couronne tentaculaire et au centre de cet organisme hydro-propulsé).

      La nécessité d’une gestion environnementale et des ressources efficace

      Pour éviter que ce formidable espace ne devienne un cimetière de squelettes de coraux recouverts d’algues filamenteuses et habité par quelques groupes épars de poissons. Les aires marines protégées concernaient 35 % de la superficie de la Grande Barrière, choix politique plutôt bien accueilli par les Australiens (ils étaient 95% en 2009 à souhaiter un renforcement de la protection de la Grande Barrière), qui entretiennent un lien très fort avec la nature. Ce rapport à la nature environnante fait d’ailleurs partie intégrante de leur identité culturelle.

      De nombreux programmes gouvernementaux se mettent en place: la redéfinition d’un réseau cohérent de « zones vertes » où toutes formes de pêche sont bannies et seule la plongée est autorisée, le plan de protection de la qualité des eaux de la Grande Barrière, et la réduction de certains types de pêche. Ces actions ont été rendues possibles en amont par les différents organismes environnementaux et scientifiques qui fournissent des données chiffrées aux décideurs, soit sur la tendance au déclin de certains récifs soit au contraire sur le recouvrement des populations de coraux et de poissons dans les zones protégées par exemple. Mais l’argument le plus convaincant est la réalité socio-économique de la région: l’industrie touristique de la Grande Barrière génère beaucoup plus d’argent (93% de la valeur brute de production contre 3% pour la pêche commerciale, pour les activités liées aux récifs) et d’emplois, et devrait encore se développer. Chaque année, plus de 1,6 millions de visiteurs viennent voir la Grande Barrière qui constitue l’une des 3 attractions majeures motivant un voyage en Australie.

      La Grande Barrière de Corail en chiffres

      S’étend sur 2300 kms le long de la côte est de l’ Australie  

      Superficie : 364 400 km²

      Espèces Répertoriées :400 espèces de coraux  1 500 espèces de poissons  4 000 espèces de mollusques.

      Date d’ inscription à l‘ Unesco : 1981