Une nouvelle façon de voir les gorilles de l’Ouganda

Partager du temps avec les gorilles des montagnes dans la nature sauvage des forêts tropicales d’Afrique est tout à fait magique: rien ne vous prépare à leur beauté pure et vive, à leurs yeux bruns sournois, à leurs expressions étonnamment humaines ou à leur comportement extraordinairement doux. Cette rencontre spéciale ne dure normalement qu’une heure précieuse, mais l’Ouganda offre une nouvelle expérience étendue dans une évolution passionnante du suivi des gorilles.

 

Gorilles de montagne

Seulement 900 gorilles de montagne parcourent les forêts pluviales du Parc National de Bwindi en Ouganda occidental et les montagnes des Virunga qui traversent les frontières du sud de l’Ouganda, du Rwanda et de la République Démocratique du Congo. On ne les trouve nulle part ailleurs dans la nature. Une fois sur le point de disparaître, leur survie est l’une des plus grandes réussites de l’Afrique en matière de conservation.

Le mammologue renommé George Schaller a été le premier à étudier les gorilles à la fin des années 1950. Mais c’est Dian Fossey qui a attiré l’attention internationale sur leur sort et les a étudiés pendant 18 ans dans le Parc National des Volcans du Rwanda. Elle vivait avec eux dans la forêt, recueillait des fonds pour les gardes et protégeait les gorilles malgré le danger extrême des braconniers, aboutissant à son meurtre non élucidé en 1985. A cette époque, Fossey avait estimé que seulement 250 gorilles avaient survécu, menacés par la perte d’habitat, le braconnage extensif et les tirs croisés des guerres civiles.

A Bwindi, pour financer les efforts de conservation, le soi-disant tourisme des gorilles a commencé en 1993, lorsque le groupe Mubare est devenu la première famille à être pleinement habituée ou familiarisée aux humains. Aujourd’hui, le parc crée un nouveau précédent en créant une expérience pour les visiteurs qui consiste à suivre des groupes semi-habitués – et il donne un aperçu fascinant de l’un des animaux les plus menacés au monde.

Rencontres traditionnelles

Aujourd’hui, Bwindi abrite environ 400 gorilles, avec 12 familles complètement habituées disponibles pour le pistage. La journée commence au siège du Parc à Buhoma, où les invités sont assignés à leur groupe de gorilles et guidés avant d’être informés des règles essentielles qui aident à protéger les primates et les personnes.

Partageant 98% de l’ADN humain, les gorilles sont extrêmement sensibles à nos infections (un rhume commun pourrait les tuer) et les visiteurs sont donc priés de ne pas marcher s’ils sont malades. 8 personnes seulement sont autorisées à traquer chaque famille de gorilles, ne restant qu’une seule heure en leur présence. Les règles stipulent également que les visiteurs ne devraient jamais se rendre à moins de 7m des singes géants, mais il arrive que les gorilles franchissent ce seuil et s’approchent de vous à une distance de presque une course. Cependant, résistez toujours à la tentation de les toucher. Bien qu’ils soient habituellement calmes, ils peuvent facilement être surpris par le flash de l’ appareil photo, les voix fortes ou les mouvements soudains.

Certains groupes ne sont qu’ à une courte distance de marche de Buhoma, mais d’autres peuvent prendre jusqu’ à cinq heures.

Bwindi est surnommée la forêt impénétrable pour une bonne raison: une jungle dense de 321 km2, c’est un véritable défi pour les randonneurs, avec des vignes enchevêtrées et une végétation étalée sur un terrain boueux et escarpé. Pour environ 15 €, vous pouvez louer un porteur pour transporter vos bagages et vous aider à négocier les sentiers difficiles et glissants .

La récompense de voir les gorilles plus que compenser l’effort de les atteindre – être avec ces géants incroyablement doux est une expérience vraiment émouvante. Envoûtant à regarder, votre heure  autorisée s’envole pendant qu’ils continuent leurs activités quotidiennes  manger,  dormir,  lustrer et  jouer, habituellement en prêtant peu d’attention aux spectateurs. Les jeunes se courent les uns après les autres, se balancent dans les arbres, rient et crient comme des enfants. Les mamans s’occupent des bébés, les tètent et les bercent, et le grand papa dos argenté veille sur l’ensemble.

Les gorilles ne sont pas toujours aussi placides en présence des gens: il faut du temps et de l’effort pour parvenir à cette attitude détendue, presque nonchalante dans un processus connu sous le nom d’accoutumance. L’excitante nouvelle expérience de Bwindi avec les gorilles vous permet de participer à ce processus en suivant un groupe qui n’est que semi-habitué. Pendant l’habituation, les pisteurs visitent des groupes de gorilles sauvages tous les jours pendant environ trois ans, se rapprochant progressivement et passant plus longtemps en leur compagnie. Au stade semi-habituel, les primates sont familiers des pisteurs mais pas des étrangers, donc cette nouvelle expérience peut maintenant les aider à s’habituer à voir différentes personnes.

Dans les rencontres traditionnelles, les pisteurs ont déjà trouvé les gorilles et ils vous emmènent directement à eux. Au lieu de cela, cette expérience de quatre heures commence là où les gorilles ont été vus pour la dernière fois le soir précédent. Vous marchez avec les pisteurs, en apprenant les signes révélateurs qui finissent par mener à l’habitat des primates, tels que les empreintes d’articulations dans la boue, la végétation déformée et cassée et les restes de nourriture. Les gorilles construisent de nouveaux abris chaque nuit puis partent à la recherche de nourriture: ce qu’ils laissent derrière eux est vital pour vérifier leur état de santé et leur nombre. Dans les abris, l’équipe prélève des échantillons de poils et de fumier avant de poursuivre les recherches.

C’est seulement lorsque vous trouvez les gorilles que le vrai défi commence. Le point d’accoutumance est de suivre le groupe et de rester dans sa vision au fur et à mesure qu’il se déplace, en s’approchant par la suite pour atteindre s’ en jamais approcher de la limite de 7 mètres. Mais à la différence des groupes habitués à se meugler patiemment pendant l’heure autorisée, ces gorilles se déplacent rapidement pour se nourrir, s’élançant à travers une forêt tropicale dense, prenant d’assaut les pentes glissantes et rampant sur des joncs à travers les buissons, avec vous et l’équipe de pisteurs à la poursuite. C’est comme un camp d’entraînement dans la forêt tropicale humide, et ce n’est pas pour les personnes en incapacité physique .

Bien que tous les gorilles soient sauvages, certains sont plus sauvages que d’autres et ces gorilles semi-habitués ont un air d’imprévisibilité. Il y a un risque accru que le dos argenté se charge, mais c’est presque toujours un avertissement plutôt qu’une attaque – vos pisteurs vous auront informé de rester calme, accroupis et détournés les yeux. C’est plus facile à dire qu’ à faire…

Quand ils sont encore, vous restez immobile, imitant leur comportement pour les mettre à l’aise. Vous vous accroupissez quand ils le font, copiez-les en ramassant de l’herbe en prétendant la manger, et parlez avec eux en langue gorille, une série de vocalisations qui ont des significations spécifiques. Avoir une réponse de gorille à votre gargouillement à gorge basse, signifiant le contentement, est tout à fait épineux.

 

Quelle méthode choisir ?

Le suivi traditionnel, qui coûte environ 600 € par permis à Bwindi (aujourd’hui 1500 € dans le Parc National des Volcans du Rwanda), offre une garantie virtuelle que vous verrez les gorilles de près et personnellement dans une ambiance détendue, voire docile, pour une heure inoubliable.

L’expérience d’habituation des gorilles coûte 1 500 € et dure quatre heures, mais le temps que vous passez en leur compagnie dépend du temps qu’il faut pour les trouver. Il se peut que vous ne soyez pas très proche des gorilles et être en poursuite peut être physiquement difficile et épuisant. Vous pourriez également passer un peu de temps à les regarder dormir, mais vous en apprendrez beaucoup plus sur ces animaux géniaux dans cette rencontre plus éduquée et immersive.

Quelle que soit l’option que vous choisissez, le suivi des gorilles de montagne est extraordinaire, évoquant une connexion profonde avec nos cousins les plus proches dans une expérience vraiment enrichissante et inoubliable.

    Costa Rica : Une faune sauvage exceptionnelle

    Costa Rica : Une faune sauvage exceptionnelle

    Capucin à tête blanche, Costa Rica
    Nul ne l’ignore : le Costa Rica est un véritable jardin d’Éden. En témoigne sa faune d’une grande richesse, avec en tête l’emblématique morpho bleu, quatre espèces de singes et cinq de tortues marines, des aras rouges et des aras de Buffon, des paresseux à deux et à trois doigts, une myriade de dendrobates, des tapirs et des coatis. Et ce n’est qu’un aperçu de l’extraordinaire vie sauvage de ce pays. Découvrez le Costa Rica à travers notre sélection des espèces animales les plus typiques du pays…

    1. Les Oiseaux colorés du Costa Rica

    Toucan

    Le Costa Rica compte six espèces de cet oiseau typique des forêts tropicales. Parmi les plus courantes, impossible de manquer le toucan de Swainson et le toucan à carène, reconnaissables à leur énorme bec et à leur plumage chatoyant.

    Ara rouge

    Des 16 espèces de perroquets répertoriées dans le pays, l’ara rouge, ou ara macao, est le plus spectaculaire. Reconnaissable à sa grande taille et à son corps rouge vif, il vit notamment dans le Parque Nacional Carara et sur la Península de Osa. Les aras entretiennent de longues relations monogames et peuvent vivre 50 ans.

    Quetzal resplendissant

    L’oiseau le plus éblouissant d’Amérique centrale avait un rôle symbolique très fort dans les cultures aztèque et maya. Vous le reconnaîtrez à son corps d’un vert iridescent, à sa poitrine rouge et à sa longue queue verte, dans les zones de haute altitude et aux alentours du Parque Nacional Los Quetzales.
    Quetzal resplendissant au Costa Rica

    Spatule rosée

    Cet échassier à tête blanche est pourvu d’un long bec en forme de spatule, qui se referme au contact d’une proie tandis qu’il fouit les eaux peu profondes. Il est présent sur la Península de Nicoya et dans les plaines du Pacifique. Côté caribéen, on peut en voir dans le Refugio Nacional de Vida Silvestre Caño Negro.

    Tangara

    On dénombre 42 espèces de cette famille de passereaux dans le pays, toutes de couleurs vives. On peut en voir partout, sauf à haute altitude. Ils sont appelés viuda (veuve) au Costa Rica.

    Colibri

    Plus de 50 espèces de colibris ont été recensées dans le pays et la plupart vivent en altitude. Le plus grand des colibris, le campyloptère violet, possède une tête et un corps violet vif qui contrastent avec ses ailes vert sombre.

    2. Reptiles et amphibiens

    Rainette aux yeux rouges

    Symbole officieux du Costa Rica, la grenouille aux yeux rouges a un corps vert avec des raies bleu et jaune sur les côtés et des pattes orange. Malgré ses couleurs vives, elle se camoufle parfaitement dans la forêt tropicale. Elle est présente partout sauf sur la Península de Nicoya, dont le climat est trop sec. Vous augmenterez vos chances d’en apercevoir en vous rendant à l’Estación Biológica La Selva.
    Rainette aux yeux rouges du Costa Rica

    Dendrobate

    Parmi les diverses espèces de dendrobates du Costa Rica, la plus courante est le dendrobate fraise, présent de l’Arenal jusqu’à la côte caraïbe. Les sécrétions toxiques de ces grenouilles aux motifs très colorés étaient utilisées par les Indiens pour empoisonner la pointe de leurs flèches.

    IGUANE VERT

    L’iguane vert, au corps trapu et long de 2 m, s’observe couramment allongé sur une branche. L’iguane est végétarien, avec une préférence pour les jeunes pousses et feuilles. Il est présent partout dans le pays, et vous en croiserez sans doute, en train de paresser au soleil ou traversant tranquillement la chaussée.

    Crocodile

    On peut voir d’impressionnants spécimens depuis le pont des Crocodiles, sur la côte pacifique centrale, ou bien dans un environnement plus naturel à l’occasion d’une balade en bateau sur les canaux de Tortuguero.
    Alligator à Corcovado, Costa Rica

    Vipère

    Prenez garde à la vipère fer-de-lance, qui vit dans les régions agricoles des côtes pacifique et caraïbe, et à la vipère de Schlegel, présente dans la forêt tropicale de basse altitude. Afin d’éviter les morsures graves, voire fatales, faites attention où vous marchez et lorsque vous repousser les lianes devant vous lors d’une randonnée en forêt.
    Vipère au Costa Rica

    3. Animaux marins au Costa Rica

    Tortue olivâtre

    C’est la plus petite des tortues marines du Costa Rica. Entre septembre et octobre, elles arrivent en grand nombre pour pondre sur la Playa Ostional du Refugio Nacional de Fauna Silvestre Ostional, dans la province de Guanacaste.

    Tortue luth

    Pouvant atteindre 360 kg, l’imposante tortue luth se distingue par une carapace douce et tannée à 7 carènes. Elle pond ses œufs sur les plages du Pacifique des péninsules d’Osa et de Nicoya.

    Baleine

    Parmi les mammifères marins qui migrent des hémisphères Nord et Sud figurent des orques, des baleines bleues, des cachalots et plusieurs espèces de baleines à bec. Des excursions en bateau le long de la côte pacifique permettent souvent de voir des baleines à bosse.
    Baleine à bosse au Costa Rica

    Dauphin à gros nez

    Ces sympathiques et intelligents cétacés résident toute l’année dans les eaux du Costa Rica. Gardez l’œil ouvert pendant la traversée jusqu’à Bahía Drake.

    Requin-baleine

    Les plongeurs croiseront sûrement ce gentil géant dans les eaux de la Reserva Biológica Isla del Caño, du Golfo Dulce ou de l’Isla del Coco. Plus gros poisson du monde, il peut mesurer jusqu’à 6 m de long et peser plus de 2 tonnes.

    Raie manta

    D’une envergure pouvant atteindre 7 m, l’élégante raie manta peuple les eaux chaudes du Pacifique, en particulier au large du Guanacaste et des Islas Murciélagos et Catalinas.

    Requin-marteau

    L’impressionnant requin-marteau possède deux lobes céphaliques qui lui permettent de manœuvrer avec une vitesse et une précision incroyables. Les plongeurs en verront d’énormes bancs au large de l’Isla del Coco, une île reculée.

    4. Mammifères terrestres des forêts

    Paresseux

    On rencontre au Costa Rica le paresseux à trois doigts (ou tridactyle) ainsi que l’unau d’Hoffmann (à deux doigts). Ils se meuvent si lentement qu’on les croirait suspendus aux branches dans une parfaite immobilité. Vous pouvez les apercevoir dans le Parque Nacional Manuel Antonio.

    Singe hurleur

    Les cris du singe hurleur à manteau peuvent porter à plus de 1 km, même dans l’épaisse forêt tropicale. On les entend dans de nombreux parcs nationaux.

    Capucin à tête blanche

    Ce petit singe inquisiteur a une queue préhensile dont il enroule habituellement l’extrémité. Vous vous ferez peut-être voler votre pique-nique par l’un d’entre eux vers le Volcán Arenal ou au Parque Nacional Manuel Antonio.

    Singe-écureuil

    Le minuscule singe-écureuil se déplace en groupes de tailles diverses durant la journée en quête d’insectes et de fruits. Il vit le long du Pacifique et est assez commun dans le Parque Nacional Manuel Antonio et dans la Península de Nicoya.

    Jaguar

    Cet animal extrêmement rare et farouche est maître dans l’art du camouflage. Les chances de l’apercevoir sont minimes, mais elles augmentent si vous parcourez le Parque Nacional Corcovado.

    Coati à nez blanc

    Fréquemment aperçu, le coati à nez blanc appartient à la famille des ratons laveurs. Il se caractérise par un long museau clair et une queue rayée.

    Tapir de Baird

    Grand mammifère fouisseur, le tapir a une trompe préhensile et habite les profondeurs de la forêt tropicale, de la Península de Osa au Parque Nacional Santa Rosa.

    5. Insectes et arachnides tropicaux

    Morpho bleu

    Ce splendide papillon volette le long des rivières tropicales et dans les clairières. Quand il se pose, ses ailes bleu électrique se ferment pour ne laisser apparaître, en guise de camouflage, que leur revers brun moucheté.

    Fourmi coupe-feuilles

    De longues processions d’industrieuses fourmis coupe-feuilles sillonnent les sols des forêts et les sentiers du Costa Rica. Ces fourmis champignonnistes transportent dans leur fourmilière les morceaux de feuilles récoltés. Mastiqués, ceux-ci sont régurgités sous forme de pulpe favorisant la pousse des champignons dont se nourrissent les fourmis.

    Mygale

    Facilement reconnaissable à sa taille démesurée et à ses appendices velus, la mygale est une araignée impressionnante, capable de tuer une souris, mais complètement inoffensive pour les humains. Elle est particulièrement active la nuit, lorsqu’elle sort pour chercher de quoi manger et s’accoupler.

    Dynaste Hercule

    Allumez votre lampe torche en visitant l’une des forêts anciennes du pays, et vous distinguerez peut-être le dynaste Hercule, l’un des plus gros insectes au monde. Ce scarabée-rhinocéros à l’aspect impressionnant (et pourtant tout à fait inoffensif) peut atteindre la taille d’un plat à tarte. Et il est capable de porter plus de cent fois son poids !




      Lac Inle, le Paradis du Myanmar menacé de disparaître

      Lac Inle, le Paradis du Myanmar menacé de disparaître

      Lac Inle Birmanie

      Article de Jean Claude Pomonti paru sur Slate.fr

      Après de neuf cents mètres d’altitude, en pleine Asie des moussons, le lac et ses environs rappellent que la nature et l’homme se marient parfois avec bonheur. Dans le sud de l’Etat shan, les jardins et villages flottants du lac Inle, dont les alentours abritent pagodes, sites historiques, sources d’eau chaude, sont si attrayants que les touristes s’y précipitent depuis 2011 et l’ouverture du Myanmar, nouveau nom de la Birmanie depuis 1989. Toutefois, intervenant dans la foulée d’un demi-siècle de négligences sous la dictature militaire, ce fort afflux ne sera peut-être pas béni s’il ne s’accompagne de fermes mesures de protection d’un écosystème unique.

      A la surface du lac, les potagers reposent sur un assemblage délicat de boues, de jacinthes d’eau et d’autres plantes à l’aide de tiges de bambou plantées verticalement et de pieux qui les empêchent de dériver. Ce mélange peut atteindre un mètre d’épaisseur, dont le tiers émerge.

      Les potagers flottants couvrent aujourd’hui le quart de la superficie du lac. Leurs tomates, très appréciées et cueillies lorsqu’elles sont encore vertes, sont vendues sur tous les marchés du pays pendant les huit mois de production. Les jardins flottants produisent également fleurs, légumes à gousse, courges ou concombres.

      Ces matelas sont stables mais fragiles car les cultivateurs –membres du peuple intha, qui compte plusieurs milliers d’individus et ont fui des combats dans le sud birman au début du XVIIIe siècle– limitent au mieux la quantité de limon utilisé pour éviter de les faire sombrer en les alourdissant. Les cultivateurs se déplacent entre les plants de tomates ou de concombres à bord de barques sans moteur dont ils enroulent l’unique rame d’une jambe afin de lui imprimer un mouvement circulaire.

      De nos jours, toutefois, les touristes s’y promènent à bord de centaines d’embarcations à moteur appelées «long-tail boats» parce que leur hélice se situe, à la façon thaïlandaise, deux mètres derrière le moteur. Les vagues ainsi provoquées agitent trop fortement les matelas qui supportent les cultures. En prime, les fuites d’essence des moteurs contribuent à une pollution supplémentaire d’eaux dans lesquelles les habitants des villages flottants continuent de procéder à leurs ablutions.

      Inle Lake

      La profondeur moyenne de ce lac de 12.000 hectares –le deuxième de Birmanie par la superficie–  …. suite de l ‘article sur slate.fr  

       

       

        Australie : La Grande Barrière de Corail ménacée à court terme selon l’ Unesco.

        La grande barrière de corail, au large de l’Etat de Queensland dans le nord-est de l’Australie, est menacée à très court terme par la dégradation de l’environnement et pourrait être inscrite par l’Unesco sur la liste des sites du patrimoine « en danger », selon un rapport des Nations unies. Citant les conclusions d’une mission menée en mars dernier sur la barrière de corail, la plus grande structure vivante au monde, l’Unesco recommande qu’« en l’absence de progrès notables », sa commission du patrimoine envisage dès février 2013 de l’inscrire sur la liste des sites en danger. La valeur universelle de la barrière de corail « est menacée, et des mesures déterminantes sont requises pour permettre sa préservation sur le long terme », indique l’Unesco. « Malgré des réussites en termes de préservation du corail, la qualité de certaines parties de la barrière s’est continuellement dégradée », notent les auteurs du rapport.

        Au nombre des menaces qui guettent la grande barrière de corail, il faut compter le développement côtier, les ports, les navires qui s’échouent, la dégradation de la qualité de l’eau, les phénomènes climatiques extrêmes et les installations de gaz naturel liquéfié. Or, le Queensland est l’une des régions d’Australie qui connaît un des rythmes de développement les plus rapides avec une industrie charbonnière de premier plan.

        Ces dernières années, les écologistes ont mis en garde contre les dangers posés au corail par le développement des activités industrielles, notamment depuis qu’en 2010, un cargo chinois de transport de houille a percuté la grande barrière. L’Unesco préconise la fixation d’objectifs clairs en faveur de la protection de la grande barrière de corail, et juge que les feux verts nombreux donnés ces dernières années aux projets de développement côtier ont de quoi inquiéter. Elle critique notamment les projets d’installations de gaz naturel liquéfié sur l’île Curtis, une extension du port houiller de Gladstone.

        Les Verts australiens, qui exercent une influence politique non négligeable et soutiennent le gouvernement minoritaire de Julia Gillard, ont réagi à ce rapport en demandant à l’Australie de réduire sa dépendance vis-à-vis du charbon.

        Tony Burke, ministre de l’environnement, a reconnu que les changements climatiques, dont l’acidification des eaux de l’océan, et le développement des côtes menaçaient la barrière de corail, sans pour autant que le rapport comporte à ses yeux des surprises. La commission du patrimoine mondial, à l’Unesco, débattra du rapport lors de sa réunion prévue dans le courant du mois à Saint-Pétersbourg.

         

        La Grande Barrière de Corail

         L’Australie, île continent mythique dans l’imaginaire collectif. Un territoire si vaste que l’on peut être en même temps en été dans une région et en hiver dans une autre. Des étendues désertiques interminables, des forêts sèches, des côtes sauvages faisant face à l’Antarctique et aux tempêtes de l’Océan Austral au sud, à l’Océan Indien à l’ouest, à l’Océan Pacifique et à la Mer de Corail à l’Est. Le Queensland, plus de 3 fois la taille de la France pour 3 millions et demi d’habitants, s’étend dans le Nord-Est de l’Australie. Le Nord de cet état est située en zone tropicale, et la forêt humide couvre une grande partie des zones côtières où la présence d’une chaîne montagneuse bloque les masses d’air marines poussées par les alizés. Les précipitations extrêmement généreuses dans la région de Cairns en été austral donnent lieu à de spectaculaires « run-offs » des eaux de ruissellement qui se jettent en mer chargées de matières en suspension et, accessoirement hélas, en polluants divers d’origine agricole.

        Mais le Queensland est plus réputé pour une formation biologique étonnante, visible de l’espace, la Grande Barrière de Corail. Deux mille km de long, soit de Londres à Porto, et plus de 2700 récifs distincts. La Grande Barrière est en effet un ensemble discontinu de récifs coralliens d’origines diverses. Les récifs les plus éloignés (« outer reefs ») délimitent en fait le plateau continental australien. Lors du dernier âge glaciaire, il y a 17000 ans, le niveau des mers était plus bas de 120m, et ces récifs sont d’anciens récifs frangeants qui ont suivi la montée progressive des eaux et se sont retrouvés éloignés de la ligne de côte qui dans le même temps se déplaçait vers l’actuel continent. Les autres types de récifs sont les récifs frangeants près des côtes et autour des îles continentales, et les récifs plateforme (avec présence ou non d’une île formée par l’accumulation des débris les plus fins après érosion du récif) liés initialement à un accident topographique du plateau continental.

        La Grande Barrière de Corail constitue la principale ressource économique du Queensland, l’industrie touristique générant chaque année 4.2 billions de dollars. Cairns est le chef lieu des départs pour les récifs, avec le « reef fleet terminal », une sorte de hall d’aéroport où l’on fait la queue pour prendre son billet pour le reef. Dans la grande majorité des cas les bateaux sont de taille plus que respectable et emmènent entre 100 et 400 passagers pour les plus gros. On est loin de la sortie en zodiac semi-rigide de nos clubs hexagonaux. Heureusement certains opérateurs conservent une dimension humaine et proposent des sorties réellement orientées plongée plutôt qu’une baignade PMT au récif. La qualité des plongées est extrêmement variable, le très bon côtoyant dans certains cas le mauvais. Cette variabilité reflète celle entre des récifs pourtant parfois peu éloignés mais qui ont pu subir des dommages considérables par l’action conjuguée ou non de différents facteurs, naturels ou anthropiques.

        La Grande Barrière de Corail doit en effet faire face à de nombreuses menaces. Parmi celles-ci, beaucoup relèvent d’un problème à l’échelle mondiale comme le blanchissement des coraux lié au réchauffement de la planète, la pollution, la déforestation, la surpêche et les techniques de pêche destructives, le tourisme intensif, … Des problèmes spécifiques apparaissent ensuite pour chaque région, comme la pêche à l’explosif en Indonésie ou la pêche au cyanure et le Muro Ami aux Philippines. Dans le cas de la Grande Barrière, les  trois menaces majeures sont la surpêche, la pollution des eaux par l’activité humaine en zone côtière, et le blanchissement des coraux lié au réchauffement de la planète.

        La pêche intensive et l’introduction de pêcheries commerciales dans le Parc Marin a considérablement diminué l’abondance de nombreux organismes marins, y compris des animaux charismatiques comme les dugongs et les tortues. Les observations de dugongs (aussi surnommés vaches marines) il y a un siècle faisaient état de véritables « troupeaux » de milliers d’individus. L’apparition d’une industrie d’huile de dugong a conduit à la raréfaction de ces gros mammifères. Et même s’ils sont protégés depuis 1967 le repeuplement est lent, car beaucoup périssent noyés dans les filets. Le nombre de tortues le long de la côte est du Queensland a également chuté dramatiquement pour la même raison. Par exemple, l’abondance des tortues caouannes a diminué de 50-80% entre le milieu des années 1970 et 1990. Des indicateurs de surpêche sont clairement identifiables au regard par exemple de la diminution sensible des prises commerciales de certaines espèces. Ce qui conduit à terme à l’effondrement de ces pêcheries spécifiques, un problème rencontré à l’échelle mondiale. A l’heure actuelle le pillage des stocks de mérous de récifs (coral trout) est un problème inquiétant, avec une augmentation de 200% des prises commerciales dans ce secteur entre 1995 et 2002 alors que les spécialistes s’accordent à dire que cette pêcherie était complètement exploitée avec les niveaux de prises de 1996.
        La pêche au chalut est un autre problème important qui affecte le Parc Marin. Bien que des efforts soient menés dans ce domaine, le chalutage demeure une pratique destructive, surtout dans une zone classée au Patrimoine Mondial. La prise accidentelle d’autres espèces marines dans les filets de chalutage correspond à entre 2 et 15 fois la prise des crevettes initialement visées. La plupart sont rejetées mortes. Le chalutage provoque également des dégâts irréparables sur l’habitat et pour les espèces benthiques fixées (gorgones, coraux, éponges, …).
        Enfin, la pêche récréative connaît un essor important dans la région (on estime à 785000 le nombre de pêcheurs à la ligne), et il devient évident que l’impact de ce type de pêche n’est plus négligeable.

        La surpêche est une menace sérieuse car elle réduit la capacité de regénération des écosystèmes marins. La diminution de la biodiversité les rend également plus vulnérables face à d’autres pressions.

        La pollution des eaux est un autre enjeu majeur pour la protection de la Grande Barrière. Le développement d’activités agricoles et d’élevages près des côtes conduit d’une part à la modification de la végétation native de ces zones, la forêt humide laissant place aux champs de canne à sucre ou à des prés verdoyants, ce qui entraîne une érosion accrue des sols. Le relargage de sédiments en mer est de l’ordre de 14 millions de tonnes par an contre 1 à 5 millions de tonnes il y a plus d’un siècle. D’autre part, on estime l’augmentation associée en nitrates et phosphates à au moins 3 fois les valeurs de l’ère pré-européenne. Les récifs les plus exposés sont ceux situés à moins de 20km environ des côtes, soit à peu près 750 récifs. Les résultats des réseaux de suivi des récifs coralliens montrent globalement une altération durable de l’équilibre écologique de ces récifs, avec des caractéristiques de dégradation liées à l’enrichissement des eaux en nutrients et en matières en suspension. Les coraux subissent en effet un stress important lors de forts épisodes pluvieux par l’apport massif d’eau douce – les coraux supportent peu les faibles salinités – et turbide – diminution de l’intensité lumineuse . Ajoutez la pollution, et le cocktail devient explosif pour le récif. Des études récentes ont montré que les produits chimiques utilisés dans l’agriculture altèrent notablement la reproduction des coraux , et ce même en très faible quantité.


        Les épisodes de blanchissement des coraux, rendus plus fréquents par le réchauffement climatique, provoquent eux aussi un stress des coraux qui expulsent alors leurs algues unicellulaires symbiotiques, les zooxanthelles, qui sont responsables de leur coloration souvent marron et qui fournissent 90% de la nourriture aux polypes. Selon la durée du stress, les coraux sont capables de recouvrir leurs zooxanthelles ou bien périssent. Mais un effet pervers de ce blanchissement est que dans le cas où les coraux survivent à cet événement, leur capacité de reproduction sera notablement altérée. D’où une diminution de leur efficacité à recoloniser les récifs endommagés. Durant le 20ème siècle, les eaux de la Grande Barrière se sont réchauffés de 0,3-0,4°C. Et l’on s’attend à ce qu’elles continuent de se réchauffer à un rythme croissant au cours du 21ème siècle. Le premier épisode de blanchissement massif a eu lieu en 1998, et c’est en 2002 qu’a eu lieu l’épisode le plus grave jamais observé pour la Grande Barrière avec 60-95% des récifs surveillés atteints par le phénomène. Environ 5% des récifs ont été sérieusement endommagés avec entre 50 et 90% de mortalité des coraux.


        La capacité des récifs coralliens à résister à la surpêche, la pollution et le réchauffement est limitée. D’autant qu’il faut également compter avec une source d’inquiétude supplémentaire qui concerne les explosions démographiques d’Acanthaster Planci, une étoile de mer épineuse qui se nourrit des polypes des coraux. Si les récifs peuvent supporter un certain nombre de ces animaux, leur présence massive conduit inexorablement à la destruction des récifs où l’on observe ces agrégations. L’origine de ces explosions démographiques est encore mal connue, certaines hypothèses impliquant un enrichissement en nutriments des eaux dus aux activités humaines favorable à la survie des larves d’Acanthaster. Le problème est suffisamment important pour avoir généré une action gouvernementale visant à financer un bateau et des plongeurs pour éradiquer ces prédateurs au moyen de multiples injections d’un acide faible (tout autour de la couronne tentaculaire et au centre de cet organisme hydro-propulsé).

        La nécessité d’une gestion environnementale et des ressources efficace

        Pour éviter que ce formidable espace ne devienne un cimetière de squelettes de coraux recouverts d’algues filamenteuses et habité par quelques groupes épars de poissons. Les aires marines protégées concernaient 35 % de la superficie de la Grande Barrière, choix politique plutôt bien accueilli par les Australiens (ils étaient 95% en 2009 à souhaiter un renforcement de la protection de la Grande Barrière), qui entretiennent un lien très fort avec la nature. Ce rapport à la nature environnante fait d’ailleurs partie intégrante de leur identité culturelle.

        De nombreux programmes gouvernementaux se mettent en place: la redéfinition d’un réseau cohérent de « zones vertes » où toutes formes de pêche sont bannies et seule la plongée est autorisée, le plan de protection de la qualité des eaux de la Grande Barrière, et la réduction de certains types de pêche. Ces actions ont été rendues possibles en amont par les différents organismes environnementaux et scientifiques qui fournissent des données chiffrées aux décideurs, soit sur la tendance au déclin de certains récifs soit au contraire sur le recouvrement des populations de coraux et de poissons dans les zones protégées par exemple. Mais l’argument le plus convaincant est la réalité socio-économique de la région: l’industrie touristique de la Grande Barrière génère beaucoup plus d’argent (93% de la valeur brute de production contre 3% pour la pêche commerciale, pour les activités liées aux récifs) et d’emplois, et devrait encore se développer. Chaque année, plus de 1,6 millions de visiteurs viennent voir la Grande Barrière qui constitue l’une des 3 attractions majeures motivant un voyage en Australie.

        La Grande Barrière de Corail en chiffres

        S’étend sur 2300 kms le long de la côte est de l’ Australie  

        Superficie : 364 400 km²

        Espèces Répertoriées :400 espèces de coraux  1 500 espèces de poissons  4 000 espèces de mollusques.

        Date d’ inscription à l‘ Unesco : 1981